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Nous sommes 16 sur le parking de St-Denis malgré un départ matinal, et 2 bonnes heures de route.
Sac sur le dos, nous empruntons la piste pastorale qui se dirige vers le sud pour rejoindre la chapelle de Notre Dame des Neiges.
Pour les Trois Têtes, un gros cairn marque le départ du sentier... alors que Pascale (notre présidente) et son groupe prennent l'itinéraire en direction de la maison du plateau (une initiative à renouveler dans l'avenir pour certaines randos exigeantes ou longues).
Bravo à Pascale pour l'idée.
Un itinéraire rude et sauvage nous attend. Nous pénétrons là, dans une zone habitée par le grand tétras lyre... ? ce n'est pas un yéti ! seulement un oiseau magnifique devenu très rare, et protégé.
Il nous faut rester vigilant pour repérer notre itinéraire, les balisages sont rares. Ici, l'eau de ruissellement (fonte des neiges) a sculpté le rocher en laissant apparaître un lapiaz cannelé, ciselé... ou tout simplement chaotique. Du sommet de Tête Noire (1839 m), le cheminement pour rallier Tête Ronde (1864 m) est bien visible, il suffit de suivre l'arrête, mais au préalable, il nous faut désescalader une petite cheminée (du 2) donc pas compliquée qui reste toutefois acrobatique.
Le sommet de Tête Ronde (1864 m) nous offre une plateforme idéale pour la pause pique-nique. Nous repartons sur la ligne de crête pour rallier par un aller-retour la Tête de l'Arpettaz (1840 m).
La marche en crête cesse au sommet de l'Arpettaz et depuis sa croix nous bénéficions d'une vue plongeante sur la ville de Thônes, le lac d'Annecy, tout en bas sur notre droite, la Nécropole Nationale, cimetière où reposent 105 résistants.
De la croix, nous redescendons face à la montagne de Sous-Dîne.
Tout au long de ce parcours de crête nous avons bénéficié (la météo aidant) d'un panorama exceptionnel, où lac Léman et Mont Blanc se sont imposés. Mais aussi, le Jura, le Chablais, les Aravis, la Tournette, la vallée du Fier... et bien d'autres paysages.
Notre progression désormais aboutit sous une barre rocheuse et domine le vallon d'Ablon. Une sente tortueuse bien marquée est dévalée dans un chaos minéral sauvage pour atteindre le pâturage du joli val d'Ablon. Nous poursuivons par le chemin pastoral, dépassons le chalet d'Ablon et continuons par une large piste empierrée pour enfin regagner le parking de la plaine de Dran.
Pentes raides, un passage athlétique, dénivelé sérieux et passages parfois chaotiques, imposaient de classer ce parcours parmi les randos sportives du calendrier.
Pour l'histoire du plateau des Glières :
Pendant la seconde guerre mondiale, cette montagne est retenue en priorité par Londres comme terrain pour les parachutages d'armements destinés aux maquis de Haute-Savoie et de l'Ain. Sa position de forteresse naturelle en hiver est facile à repérer par les aviateurs.
En effet, le plateau est situé entre les lacs argentés la nuit, d'Annecy et Léman, dans l'axe illuminé de Genève. Ainsi le 30 janvier 44, des hommes volontaires partent dans une épaisse couche de neige. Ils montent sur le plateau des Glières pour réceptionner ces parachutages... de durs combats suivrons.
En février 44 460 maquisards étaient sur le plateau. L'encerclement par les troupes allemandes mobilisant pas moins de 9000 hommes, contraignit les maquisards à évacuer le plateau. Traqués dans la neige par une troupe 20 fois plus nombreuse et bien équipés, les maquisards connaîtront le froid, la faim, l'épuisement durant les combats, 149 d'entre eux y laissèrent la vie. Le 1 aout 44, un nouveau parachutage eut lieu au même endroit.
Marcher dans les pas de ces femmes et de ces hommes, c'est faire vivre ainsi la mémoire mouvementée de notre histoire.
Lors de mes randos, j'ai souvent été surpris par l'indifférence de nombreux randonneurs en des lieux ou tant d'hommes sont tombés pour la liberté et l'honneur. Indifférence ou manque d'information ? Heureux de constater hier, l'intérêt que tous ont porté à l'histoire des maquis des Glières. La mémoire ne consiste pas à glorifier les anciens.
La mémoire c'est comprendre la vérité de l’histoire et le sens des combats menés.
Merci à tous pour le partage de cette belle journée.
Georges R
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